" Dans l'auditorium du Conservatoire, je viens pour passer les écrits de mon concours.
Le stress monte vite. Parce que déjà, j'ai du mal à trouver ma place. Et aussi parce qu'ils n'ont pas prévu assez de sujets... Un quart d'heure après le début de l'épreuve, je n'ai toujours pas
mon exemplaire, alors que ceux qui ont été servi planchent déjà! Du fond de l'auditorium, quelqu'un balance le thème global du sujet. Il s'agit de "prouver scientifiquement avec les débris d'une
vieille amphore cassée qu'elle contenait jadis une âme en faisant diverses analyses".
C'est compliqué...
A la sortie, il fait nuit, et je dois rentrer à pied.
Je me trompe de chemin. Au lieu de repasser par le centre-ville pour rejoindre mon chez-moi, je m'éloigne vers les grands boulevards.
Mauvaise idée.
Mon pas est rapide, parce que j'ai hâte d'arriver et que je me sens de moins en moins rassurée par ces axes peu fréquentés à cette heure tardive.
Au loin, j'aperçois un jeune gars typé qui vient dans ma direction.
Il n'y a pas vraiment de raisons à ça, mais je le sens mal.
Je m'en approche, parce que de toute façon, je n'ai pas d'autres chemins où aller.
Et je vois au feu du carrefour, cinquante mètres plus loin, deux autres mecs.
Le premier gars, celui qui s'approchait de moi, m'a accosté. Je lui réponds à peine, et continue de marcher vite. Il ne me lâche pas, et me fait comprendre que c'est trop tard en m'appelant "ma
chatte", je suis coincée. Je lui demande de me laisser tranquille, lui dis que sinon, je vais hurler.
Ca le fait rigoler.
Je hurle le plus fort que je peux.
Les deux gars près du feu, les seuls autres passants de cette voie déserte, se mettent aussi à se marrer. C'est là que je comprends qu'ils se connaissent tous les trois et qu'ils ont les même
mauvaises intentions.
C'est foutu pour moi.
Et là, le dénouement inespéré, qui va m'éviter un réveil précipité et désagréable.
Une voiture s'arrête au feu. La fenêtre passager avant s'ouvre. Et le chauffeur me demande si ça va. Je le supplie, à moitié en pleurant, de m'accueillir dans son véhicule (pas possible
d'imaginer qu'il est lui aussi mal intentionné).
Je monte à l'avant (comment se fait-il que les méchants me laissent ainsi m'échapper?!?).
Et le fabuleux sauveur venu à ma rescousse me raccompagne gentiment chez moi..."




